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GUIDE DE L'ÉGLISE

Chères visiteuses et chers visiteurs de l'eglise St André,

au moyen de ce dépliant nous désirons, nous les Dominicains de Düsseldorf et de la paroisse St André, vous donner quelques informations sur l'eglise.

L'ancienne église de la cour et des Jésuites St André situeé au coeur de la cité de Düsseldorf, compte - avec l'église de la cour à Neuburg sur le Danube - parmi les édifices "les plus intéressants de l'apogée de la renaissance allemande et du début du baroque" (S. Schürmann).

Ce sont les Jésuites, appelés à Düsseldorf 1619, qui incitèrent à ériger l'église St André, remarquable dans l'histoire de la ville et de l'art. L'église fut achevée en peu de temps (1622-1629), pendant la guerre de trente ans et sous le patronat de Duc Wolfgang Wilhelm de la souche Palatinat-Neuburg. Des agrandissements et des transformations suivirent les années plus tard. Le cours des Jésuites, contigu à l'église du côté ouest, fut fondé dans la seconde moitié du 17ème siècle. C'est en 1708 que l'église St André reçut enfin le titre officiel d'"Eglise de la Cour". Le mausolée trouva sa forme définitive et actuelle au 19ème siècle.

Ce qui saute aux yeux en pénétrant dans la galerie à trois nefs, pleine de lumière et aux cordons de voûtes d'arêtes, ce sont les travaux de stuc du plafond. C'est sans doute le duc Wolfgang Wilhelm lui-même qui donna en grande partie le programme pictural des décorations en stuc. Selon les règles de la Renaissance tardive, les trauvaux de stuc ont pour thème la trinité [1] (abside), les anges, les patriarches, les prophètes, les évangélistes et les monarques sacrés [2] (nef centrale), le "Jugement dernier" (derrière le buffet d'orgue), ainsi que les saints de l'église (nefs latérales et galeries). L'oeuvre picturale représente dans sa totalité "l'idée globale de l'Eglise" (H. Schnell). Il faut en particulier porter l'attention sur la représentation de St André (galerie de gauche) et sur St Dominique [3]. Douze figures d'apôtres, grandeur nature, complètent les reliefs des saints en stuc sur les murs latéraux de la longue nef; les piliers de la nef centrale nous montrent plusieurs saints de l'ordre des Jésuites. "Tous ces reliefs des saints ont en outre une fonction décorative, ils sont aussi les protagonistes d'un programme bien défini. Le profane catholique est entouré de saints dans l'ensemble du volume de l'église. La représentation de l'état céleste augustin 'civitas dei' se répercute ici" (S. Schürmann). Les deux autels latéraux, ayant pour motif "Marie", du peintre Düsseldorfois E. Deger [4] et le "Christ au poteau d'otage" [5], sont des créations baroques datant du début de la construction de l'église. La chaire [6] date de la même époque (1650).

Inhabituel dans un cadre d'architecture baroque, se dresse le maître-autel d'Ewald Mataré [7]. C'est en 1960 que cet artiste, professeur à l'Académie des Beaux Arts de Düsseldorf, créa cet autel de marbre ainsi que les vitraux du choeur. Le grand tableau "le Martyre de St André" [9] est un reste du maître-autel baroque détruit pendant la dernière guerre mondiale et placé dans la "loge du Prince" [8] (à gauche de l'autel), peint par Heinrich Lauenstein (1908). On atteint le mausolée [11] par les "salles de recontres" [8/10]. Ce bâtiment central, à douze côtés à l'extérieur et hexagonal à l'intérieur, hérberge le sarcophage de sept membres de la maison ducale du Palatinat-Neuburg, entre autre aussi le sarcophage en étain du prince-électeur Johann Wilhelm (Jan Wellem) [12], mort en 1716. En se dirigeant vers la sortie de l'église, le regard tombe sur le magnifique orgue [13] (1780/82) et sur le crucifix [14] (à côté du portail), fait par Gabriel de Grupello.

St André resta une église monastique jusqu'à la dissolution de l'ordre jésuite en 1733; en 1842 elle fut déclarée enfin égilse paroissiale. Les Dominicains prirent en charge en 1972 le pastorat de l'église qui appartient aujourd'hui au Land Rhénanie du Nord-Wesphalie.

L'ordre des Frères Prêcheurs, fondé en France en 1216 - nom officiel des Dominicains - compte à côté de l'ordre franciscain, parmi les grands ordres mendiants de l'église catholique. Son fondateur, St Dominique (ca 1170-1221) cercha à unir, dans l'esprit du mouvement moyenâgeux contre la pauvreté, prière, sermon et étude. Les monastères des Dominicains avaient leur place au sein de la civilisation urbaine du 12ème et 13ème siècle. Parmi les Dominicaines et les Dominicains de grand renom du Moyen-Age comptent l'évêque et le savant Albert-le-Grand (1200-1280), le théologue Thomas d'Aquin (1225-1274), le mystique maître Eckhart (ca 1260-1327/29), l'institutrice éclésiastique Catherine de Sienne (1347-1380) et le "Défenseur des Indiens" Bartolomé de las Casas (1484-1566). Aujourd'hui, les membres de la famille des Dominicains (frères, religieuses et membres de communautés profanes) travaillent dans le monde entier.

Dr. Ulrich Engel OP

(Traduction: H. Spohr)




LITTÉRATURE

JÜRGEN WIENER, Düsseldorf - St. Andreas (Euro Art Verlag Kurt L. Lehner Kunstführer), Passau 1997.

Sonja Schürmann, Düsseldorf. Eine moderne Landeshauptstadt mit 700jähriger Geschichte und Kultur (DuMont Kunst-Reiseführer), Köln 1988.

Benedikt Hilgefort OP, St. Andreaskirche zu Düsseldorf, Düsseldorf 1989.

© "St André - Eglise publique des Dominicains", Andreasstraße 27, D-40213 Düsseldorf